Troubles sociaux en Tunisie Washington critique le gouvernement tunisien

Publié le par Stade7 Tunisie

 Troubles sociaux en Tunisie
Washington critique le gouvernement tunisien

Mise à jour le vendredi 7 janvier 2011 à 23 h 34

Les forces de police tunisiennes, lors d'une manifestation à Tunis, le 27 décembre 2010.

Photo: AFP/Fethi Belaid

 


Les forces de police tunisiennes, lors d'une manifestation à Tunis, le 27 décembre 2010.

 


Le gouvernement américain a convoqué l'ambassadeur de la Tunisie pour lui faire part de ses préoccupations quant à la gestion par son gouvernement des tensions dans son pays.

Les États-Unis incitent notamment le gouvernement tunisien à respecter les libertés civiles, particulièrement en matière d'accès à Internet.

 


Nous avons soulevé la question de ce qui ressemble à une ingérence du gouvernement tunisien dans l'Internet, particulièrement dans les comptes Facebook.

— Responsable du gouvernement américain

 


Un responsable du gouvernement a expliqué que l'administration du réseau social Facebook avait elle-même alerté l'administration américaine concernant « une affaire de piratage informatique de comptes privés, de vol de mots de passe et de blocage efficace de l'accès aux comptes » en Tunisie.

 


Les États-Unis ont par ailleurs exprimé à l'ambassadeur Mohamed Salah Tekaya que les citoyens tunisiens devraient avoir la possibilité de manifester publiquement en toute liberté, faisant référence aux violences policières et aux arrestations apparemment arbitraires de la police tunisienne.

 


L'intervention de Washington survient un jour avant la visite de la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, dans le Golfe pour parler de l'expansion des droits et libertés dans le monde arabe.

 


Jeudi, la police tunisienne a arrêté un rappeur critique du régime et deux blogueurs qui rendaient compte des manifestations sur la toile.

 


Depuis trois semaines, la Tunisie est en proie à un mouvement de contestation de la part d'étudiants et de syndicalistes qui protestent contre leurs conditions de vie précaires. C'est le geste d'un jeune diplômé sans travail, qui s'est immolé par le feu pour protester contre la saisie de son étalage de fruits qu'il vendait de manière itinérante, qui a été le point de rupture de la colère des jeunes Tunisiens.

 


Par endroits, les Tunisiens diplômés sont confrontés à un taux de chômage d'environ 40 %.

La Tunisie, une destination touristique appréciée des Occidentaux, connaît généralement peu de contestation populaire, l'État, très policier, étant peu tolérant à ce sujet.

 


Or, les Tunisiens subissent en ce moment les contrecoups de la crise économique de 2008, selon ce qu'a dit, en entrevue à Radio-Canada.ca, Najib Lairini, politologue associé au département de science politique de l'Université de Montréal. L'économie de la Tunisie est très dépendante des investissements étrangers et du tourisme, surtout européen, qui ont fait défaut depuis la crise internationale, alors qu'auparavant, le travail de promotion de l'image du pays effectué par le président portait fruit, explique M. Lairini.

 


Par ailleurs, le politologue constate que même si ce petit pays du Maghreb est souvent considéré comme un modèle de réussite économique en Afrique, il n'y a pas de réelle répartition de la richesse. Les réalisations du régime n'ont pas profité aux citoyens, notamment à cause de la corruption d'une petite élite liée à la famille du président Ben Ali et à sa femme.

En Tunisie, les institutions sont toutes des coquilles vides.

 


— Najib Lairini, politologue

La diaspora tunisienne demande au Canada de prendre position

Le Collectif de solidarité avec les luttes sociales en Tunisie, qui manifeste devant le consulat tunisien à Montréal depuis quelques jours, demande à Stephen Harper de rappeler au président Zine El Abidine Ben Ali ses obligations.

Il faut rappeler absolument à Ben Ali ses responsabilités, au nom de la loi internationale. Il faut que ces lois aient un sens, il faut que l'ONU ait un sens, il faut que les conventions de Genève aient un sens. Il faut que M. Harper sorte de ce mutisme. C'est un mutisme complice.

— Haroun Bouazzi, porte-parole du Collectif de solidarité avec les luttes sociales en Tunisie

Selon le porte-parole du collectif, les revendications des Tunisiens - si elles concernaient surtout au départ le chômage et l'inégalité sociale entre les régions - sont désormais « clairement beaucoup plus larges ».

« On parle de liberté, on parle de démocratie, on parle clairement contre la corruption, en nommant personnellement des gens très proches du président. [...] C'est quelque chose d'inédit depuis que M. Ben Ali est arrivé au pouvoir en 1987 », estime M. Bouazzi.

 

 Source


Le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali

Photo: AFP/Fethi Belaid

Le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali

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