Wikileaks Le câble diplomatique us manquant sur la Tunisie

Par XXXXXXXXXXXX


 

 

wikileaks-2Le 13/12/2010 le quotidien espagnol El Pais, ainsi que certains des quotidiens internationaux faisant partie du pool comprenant, outre ce dernier,  The New York Times, Le Monde, The Guardian, Der Spiegel,  a révélé le contenu de 3 câbles diplomatiques, obtenus par Wikileaks, envoyés,  par Robert Godec ambassadeur américain à Tunis au département d’Etat, par ordre chronologique : en octobre 2006, novembre 2007 et juin 2009.  Deux mémos portent exclusivement sur « l’affaire Souha Arafat », le premier analyse les raisons qui ont pu mener le gouvernement tunisien à octroyer la nationalité tunisienne à la veuve de Yasser Arafat, à sa fille Zahwa  et à sa mère Raymonda Tawil, deux ans environ après la disparition du président de l’Autorité palestinienne. Le deuxième télégramme, examine les raisons et les conditions dans lesquels le gouvernement tunisien (autrement dit Leila Trabelsi-Ben Ali) à procédé dans des conditions rocambolesques à l’expulsion de Souha et à sa déchéance de la nationalité tunisienne. Le troisième câble   -  qui prolonge en partie et en partie seulement les deux premiers en évoquant d’une manière superficielle et presque fortuite la disgrâce de Souha Arafat d’après une nouvelle version fournie par un contact de l’ambassade  – effectue un retour sur le fléau de la corruption qui « gangrène la pays », avec toutefois un élément nouveau, Zine el Abidine Ben Ali serait personnellement impliqué dans au moins un cas de corruption. Aussi curieux que cela paraît, ni le quotidien espagnol dont la traduction du compte rendu signé par Ignacio Cembrero du service diplomatique fut mise en ligne sur Tunis news le 15 décembre 2010, ni Djamila Kouidri auteur de l’article paru le 14 décembre 2010 Dernières Nouvelles d’Algérie, ni les nombreux sites tunisiens (de langue arabe ou française)  qui, à sa suite ont repris les contenus publiée par les deux quotidiens, ne s’aperçurent de l’aspect (haute tension) de ce troisième câble. Il est probable que l’aspect «  people » « crêpage de chignon », « émir-harem-intrigues de palais » et « anecdotes croustillantes » entre les deux dames a prévalu dans la manière, quelque peu caricaturale et orientalisante, de traiter  l’information révélée par ces trois télégrammes.

 

 

 


Nous pensons qu’il serait utile d’en proposer la lecture,  dans une traduction effectuée par nos soins, aux non –anglophones. Comme il a été souvent dit et répété, toutes les informations divulgués par wikileaks à propos de la Tunisie sont plus ou moins connus par le grand public, toutefois ce qui fait la différence c’est d’abord la découverte que les Etats-Unis, considéré comme un soutien stratégique de la dictature de Ben Ali, a fait entrer en ligne de compte dans  le cadre de sa vision analytique globale de l’état du monde, des données que l’opposition tunisienne n’a cessé depuis environ quinze ans de documenter parfois aux prix d’énormes sacrifices et dans un environnement intérieur et extérieur sceptique et hostile. Ensuite, l’irruption fulgurante sur la scène médiatique universelle du wikileaks  et les révélations en cascade à « bousté » en quelque sorte le travail de la société civile en Tunisie, le formidable écho donné par la presse à travers le monde entier fut une véritable aubaine, mais, surtout aussi, il a confirmé aux yeux du monde la nécessité légitime de la fin de la dictature et l’instauration d’un régime véritablement républicain et démocratique. L’autre conséquence insoupçonnée fut le retournement des rôles : d’accusateur, le régime dictatorial devient accusé, pour s’en convaincre il suffit de jeter un œil sur les commentaires des 183 internautes sur l’article de I. Cembrero et prendre la mesure des immenses dégâts, du désastre plutôt, provoqués  par les turpitudes du couple présidentiel et de leur parentèle à n’en plus finir sur l’image du notre pays.  Le despotisme politique, l’absence de liberté, le vol, la rapine, la corruption, la répression tout azimut pratiqués à large échelle contre notre peuple, et l’impunité, sont allés jusqu’à  libérer en Occident des remugles xénophobes, racistes et colonialistes des partisans des théories de l’infériorité de races « et de la nécessité du retour à l’ordre colonial pour nous civiliser » Aucune campagne publicitaire de l’Office du tourisme tunisien ne saurait venir à bout de la noirceur étalée sur les pages de la presse du monde entier tout au long de ces dernières semaines. La question se pose, qui en est  responsable ? Nous, qui voulons un pays ouvert sur le monde, démocratique et pluraliste ou la dictature de la Mafia et de la police ?  

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Numéro d’identification   : 212425

Date :                                       2009 - 06 –16   18 : 45 :  00

Origine :                                  09TUNIS372

Source :                                   Embassy Tunis

Classification :                      CONDIDENTIEL // NON DIFFUSABLE ÉTRANGERS

DUNNO                                   07TUNIS1489

Destination                            VZCZCXRO0893

                                                  PP  RUEHROV  RUEHTRO

                                                  DE RUEHTU   #0372/ 01   1671845

                                                  ZNY  CCCCC  ZZH

                                                  P   161845Z   JUN   09   ZDK

                                                  FM  AMEMBASSY  TUNIS

                                                  TO  RUEHC / SECSTATE  WASHDC   PRIORITY  6374                       

                                                  INFO RUEHXK / ARAB  ISRAELI  COLLECTIVE  PRIORITY                  

                                                 RUCNMGH / MAGHREB COLLECTIVE PRIORITY

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 C  O  N  F  I  D  E  N  T  I  A  L   SECTION  01  OF  03  TUNIS   000372

NON DIFFUSABLE AUX ÉTRANGERS

SIPDIS

ÉTABLI  POUR  NEA / MAG  (NARDI  AND HAYES)

E. O .   12958  :  DEC :   06 / 16/ 2019

INDICES : PGOV,   PHUM ,   KCOR ,   SOCI ,   PREL ,  TS

OBJET :  UN TUNISIEN CRITIQUE LE RÉGIME DANS UN LIVRE À PARAÎTRE ; DÉVOILE DES  SECRETS SUR LA CORRUPTION DE BEN ALI

REF : 07  TUNIS   1489

TUNIS  00000372   001 .  2  OF  003

Classifié par : l’ambassadeur Robert F. Godec pour les raisons 1.4 (b) et (d)

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Résumé

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1.   (C)    XXXXXXXXXXXX a approché l’ambassadeur et Pol / EconCouns XXXXXXX XXXXX pour nous faire part de  XXXXXXXXXXXX l’ambassadeur lui a fourni des assurances que nous serions d’accord.

XXXXXXXXXXX a fait part d’un rapport, exceptionnel et de première main, sur la corruption qui existe depuis plusieurs années et dans lequel Ben Ali lui-même était montré demandant une part de 50% dans l’université privée. XXXXXXXXXXXX

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XXXXXXXXXXXX

Le jour où j’ai compris que la Tunisie n’est plus un pays libre

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2.  (C)  En marge d’une rencontre-événement entre entrepreneurs sociaux  voulant se lancer dans des projets et d’autre ayant déjà fait leur preuve XXXXXXXXXXXX Le livre est extrêmement critique à l’égard du régime Ben Ali, notamment et entre autres, en ce qui concerne la « dichotomie » entre le discours officiel et la réalité sur le terrain. Spécifiquement XXXXXXXXXXXX  il pointe l’« étouffement » des libertés politiques et le contrôle « omnipotent » des médias. Il révèle aussi que la liberté d’association est « illusoire » et estime que « l’état de droit » est davantage une fiction qu’une réalité. » XXXXXXXXXXXX

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XXXXXXXXXXXX

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3.  XXXXXXXXXXXX a demandé que l’ambassade américaine suive son affaire XXXXXXXXXXXX ; l’ambassadeur lui a assuré que nous le ferions. Pol / EconCouns a examiné quelques-uns des comptes rendus sur les conditions de détention dans les prisons dont on a eu connaissance grâce aux témoignages fournis par des prisonniers politiques libérés ; XXXXXXXXXXXX

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Révélation sur la  corruption I :

La French Connection  ?

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4.  (C/NF) Interrogé pour savoir s’il avait été en contact avec d’autres ambassades occidentales, XXXXXXXXXXXX a dit qu’il ne l’avait pas été. Il a notamment évité d’entrer en relation avec les français, alléguant que l’ambassadeur Degallaix est considéré comme l’ambassadeur de Ben Ali auprès du président Sarkozy, et non l’inverse. En outre, XXXXXXXXXXXX subodore que le gouvernement tunisien a indûment donné une villa à l’ambassadeur Degallaix, qui est enregistrée au nom de sa fille, rue Sidi Dhrif, toute proche de la propre résidence du Président. Il n’a fourni aucune preuve de cette corruption supposée, ou expliqué comment cette information est parvenue jusqu’à lui.

XXXXXXXXXXXX

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Révélation sur la corruption II :

Ben Ali obtient 50% de part XXXXXXXXXXXX

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5.  (C)  XXXXXXXXXXXX compare la corruption à un dangereux cancer qui gangrène la Tunisie , entretenu par les pratiques de corruption du Président Ben Ali et de sa famille élargie. Quand Pol/EconCouns a répondu en faisant remarquer que la plupart des histoires de corruption que nous entendons concerne «  La Famille  » plutôt que le Président lui-même, XXXXXXXXXXXX a rapporté un incident dans lequel Ben Ali lui-même était impliqué. XXXXXXXXXXXX au cours de cette assemblée Ben Ali a donné l’image de quelqu’un de « très mal renseigné », incapable de préciser certains des points clés XXXXXXXXXXX à propos des vertus XXXXXXXXXXXX Ben Ali lui a dit abruptement qu’il voulait un partage 50-50 dans l’entreprise. Effrayé de répondre par la négative, XXXXXXXXXXXX a dit qu’il a « feint l’innocent », prétendant ne pas comprendre la proposition du Président.

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Autre disputes avec «  La Famille  »

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6. (C) XXXXXXXXXXXX a aussi passé en revue les difficultés qui ont mené à la fermeture XXXXXXXXXXXX

 

Comment Les ennuis de Souha Arafat ont commencé

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7. (C) XXXXXXXXXXX a également proposé une théorie sur les dessous de la décision du Gouvernement tunisien de déchoir Souha Arafat de sa  nationalité tunisienne en 2007. (Note : Reftel a aussi donné un compte rendu de cet incident.) Il a dit qu’il avait entendu que Leila Ben Ali, avait projeté, à cette époque, de marier une nièce de 18 ans (NFI) au Premier ministre des Emirats arabes unis et émir de Dubaï, Sheikh Mohamed ben Rachid al-Maktoum, dont l’une des femmes est la demi-sœur du roi de Jordanie. Selon cette rumeur, Souha Arafat a alerté la reine de Jordanie, Rania, sur les plans  de Mme Ben Ali. Mais les propos tenus par Souha sont parvenus aux oreilles de la Première dame, qui s’est fâchée contre elle et l’a rapidement contrainte à quitter la Tunisie.

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XXXXXXXXXXXX

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8. XXXXXXXXXXXX

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XXXXXXXXXXXX

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9. (C) XXXXXXXXXXX jouit d’un grand respect ; il est considéré comme un membre éminent de la communauté. Alors que nous pourrions douter de la véracité de certaines des rumeurs dont il nous a fait part, nous n’avons aucune raison de douter du comte rendu de sa conversation avec le président Ben Ali, dans lequel il a décrit le Président demandant une participation de 50% dans son université privée. Nous entendons régulièrement des allégations de corruption, mais de telles allégations sont en elles-mêmes difficiles à prouver. Toutefois  l’anecdote de XXXXXXXXXXXX nous frappe par sa crédibilité. Elle est également significative en ce sens qu’elle implique Ben Ali en personne, alors que beaucoup d’autres histoires de corruption rapportées impliquent jusqu’ici sa famille élargie.

10.  XXXXXXXXXXXX

Prière Visitez le site internet dédié de l’ambassade à Tunis :

http://www.state.sgov. gov/p/nea/tunis/index.c fm

Godec

Traduit de l’anglais