Tunisie : "Révolte à huis clos"

Publié le par Stade7 Tunisie

Tunisie : "Révolte à huis clos"

 

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Monde 05/01/2011 à 00h00

Silence

Sous les plages de Tunisie, un pays profondément malade. Le pouvoir peut tenter de se rassurer en ne voyant dans les émeutes de ces derniers jours qu’une rébellion de jeunes non politisés. Mais ces manifestations de la désespérance sont d’autant plus inquiétantes. Elles montrent un pays qui a réduit au fil des années tous les espaces de liberté et d’expression publics. Les partis politiques, les syndicats, les journalistes, les avocats ont été progressivement étouffés par le président Ben Ali, régulièrement réélu sans opposition. Les partenaires de la Tunisie, la France en tête, ont toujours fait montre de complaisance avec le successeur de Bourguiba. Un lobby bienveillant formé de politiques de droite comme de gauche protège ce pays malgré ses violations des droits de l’homme les plus élémentaires. La Tunisie, destination de vacances tellement prisée des Français, est ainsi un pays qui survit sous une chape de silence, où les journalistes, locaux comme étrangers, ne peuvent travailler sans être pourchassés, intimidés ou emprisonnés. Cette indulgence des pays amis s’explique par les résultats que Ben Ali, collaborant avec les services occidentaux, aurait remportés dans la lutte contre les islamistes. On a aussi longtemps porté à son crédit un relatif succès économique malgré la corruption qui entoure son régime et sa famille. Mais, les rebelles de Sidi Bouzid ont montré les limites de ces vieilles recettes. En refusant toute perspective d’avenir à sa jeunesse, en lui fermant toute expression politique, Ben Ali fait le lit des islamistes qu’il croyait combattre.

Publié dans Tunisie Sidi bouzid

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